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Représentant du peuple. Ça ne veut plus rien dire. De qui se moque-t-on ? Avec le communautarisme, c’est le pompon. Chacun réclame sa part. Le syndicat des chauves exige des édiles. Les personnes de petite taille lèvent le doigt. Les blondes lorgnent sur un ou deux fauteuils à l’Assemblée. Les personnes fortes optent pour une représentativité en fonction du poids alors que les grandes oreilles militent pour une chambre pavillonnaire. Tout cela sans compter les handicapés, les timides, les cancéreux, les lents, les impuissants, même les pauvres, c’est le comble, qui veulent aussi leur bout de fromage. C’est le bordel.

Représentant du peuple. Bienvenue au club. D’autant que c’est sans compter la pyramide des âges. À quand l’acné dans les travées du Sénat ? Où sont les sans emploi, sans logis, sans couvert ? Où est la France d’en bas dans ce pré carré de notables ? Sans oublier les croyances, les convictions, les goût et les couleurs ! Verra-t-on jamais un Juif, noir, communiste, homosexuel à l’Assemblée ? Pour établir une véritable représentativité, avec une moitié de femmes, un quart de jeunes, pareil pour les vieux, il faudrait un sacré coup de balai du côté des professionnels de la politique et la création d’une agence de reclassement pour énarque. Mais les femmes sont trop femmes, les jeunes trop jeunes, les vieux trop séniles. Quant aux ouvriers de simples variables d’ajustement. Le monde des riches n’offre aucun fauteuil au pauvre.

Représentant du peuple. C’est du grand n’importe quoi. Une démagogie orchestrée par des castes dirigeantes et des multinationales qui contrôlent les règles du jeu. Groupes de presse, industries de l’armement et du nucléaire, lobbies, comptent à eux seuls près de 200 députés à leur solde. Rajouter patrons et professions libérales et on fait le tour de la question. La représentation nationale est le paravent des possédants. À l’heure où le nouvel ordre mondial s’impose à par groupes de pressions interposés, l’intérêt commun est devenu l’intérêt de quelques-uns, une poignée d’hommes qui se goinfrent sous le nez des autres, distribuant des subsides sous forme de partouzes médiatiques humanitaires. Les valeurs républicaines s’effondrent. Notre représentativité est celle du blé et celle des commandements instaurés par la finance et le Dieu argent :

  1. Tes intérêts, tu protégeras

2) Sur ton prochain tu marcheras

3) La trahison tu emploieras

4) Des promesses faites, tu t’écarteras

5) Aux convictions, le vent, tu préféreras

6) Pommade et cirage, tu chériras

7) De la démagogie, tu te serviras

8) Une couverture, toujours, tu emporteras

9) Aucune pudeur, tu ne montreras

10) Les poches pleines, tu ressortiras

Représentant du peuple. C’est la foire aux saucisses, de la poudre aux yeux annonciatrice du totalitarisme ambiant. La souveraineté des peuples est devenue celle des multinationales sans pudeur et des prophètes économiques de tous bords s’appuyant sur des représentants dépassés par les enjeux. Dans la série « les pauvres sont des cons », nous sommes aux premières loges, témoins de l’abandon de nos élus face au rouleau compresseur de l’ultra libéralisme, de la précarité qui s’installe, de notre cadre naturel qui se désagrège, de la gangrène égoïste qui se développe, des mouroirs qu’on occulte face à la toute-puissance du jeunisme…

Représentants du peuple. C’est la porte ouverte à toutes les fenêtres. La voix du peuple résumée à des assemblées de notables, de patrons, de copinages promotionnels, d’une élite autoproclamée, de requins financiers. Face à la honte de la misère, ce non partage exacerbé, qui sont-ils ? Girouettes marionnettes du nouvel ordre mondial. Collabos ? Complices à l’insu de leur plein gré ? Responsables, mais pas coupables ? Georgina Dufoix rentrera dans l’histoire pour cette phrase là…

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