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20200927_224048

CHARTER

Ce cri ce cri ténu

D’une vie en passant

Ces yeux ces yeux hagards

Aux reflets sans espoir

Et je rêve en pantin isolé

Saveurs d’humanité

Et j’espère en conscience éclairée

Lendemains de clarté

Ce poing ce poing serré

D’une colère bâillonnée

Ce dos ce dos voûté

Aux rondeurs flagellées

Et je sens sur la main que tu tends

L’empreinte de tes chants

Et j’espère la couleur métissée

Comme la vraie destinée

Cette vie cette vie sursis

Trahie spoliée salie

Non-sens meute de loups

Jouant au loup-garou

Mais je sais que le chemin est là

Dans tout ce qu’on se doit

Mais je suis à rester à l’abri

Je suis coupable aussi

Ce vol ce vol de nuit

Bien loin d’Exupéry

Ce vol ce vol de vie

Me rappelant Vichy

Mais je sais que le chemin est là

Dans tout ce qu’on se doit

Mais je suis à rester bien assis

Je suis coupable aussi

SAURAS-TU UN JOUR ?

Sur une tranche de vie de tous mes demis

Accoudé au bar j’attends en sursis

Tu ne viendras plus encore un de plus

Encore le trop plein de tous mes abus

Tu ne viendras plus j’en veux à mon foie

D’être encore bien plus saoul que moi

Sur un bout de pain d’un bord de comptoir

Accroché au bar je suis plus que noir

Combien de fois ai-je pu te mentir

À te démolir de tous mes délires

Combien de fois me suis-je trahi

À ne pas partir à me morfondre ici

Sur un verre de trop d’un coin de tripot

Attablé atteint je n’attends plus rien

C’est mon goutte-à-goutte ma ligne de trop

Même revoir Ouessant ne me dit plus rien

C’est mon rail de nuit un dernier whisky

Sauras-tu un jour quelle fut ma folie

Dans le vomi d’une chiotte de boulevard

Presqu’à ras de terre la mort me sourit

Je ne suis plus moi même si tu n’es plus là

D’une main tremblante je fais graffiti

Je suis dans ma drogue sans plus de dialogue

Je ne suis plus rien au fond de ces gogues

Sur l’image fugace d’une dernière pensée

J’ai vu mon amour quand tu m’as quitté

Pour une autre vie un autre destin

Où rien ne se joue sur verres assassins

Mais sais-tu pourtant qu’une main tendue

Ramène souvent de la pire des issues

Mais sais-tu pourtant que cette maladie

Est pour moi aussi l’enfer de mes nuits

MON BATEAU

Mon petit bateau c’est pas un paquebot

Il est pas plus grand qu’une boîte de harengs

Mais il est à moi de la coque au mat

Me voilà matelot à l’abri des flots

C’est un vrai Doris de près trente ans

Il attend son temps protégé du vent

Défiant le noroît guettant le suroît

Taille la route matelot à nous les maquereaux

C’est pas le Titanic faut pas être de trop

Il flotte en direct c’est pas du pipeau

Commandant costaud c’est ma Calypso

Allez mon matelot mets nous le turbo

Mon petit bateau c’est mon Crabe-Tambour

Il faut pas des jours pour en faire le tour

Il va pas couler il faut l’espérer

T’en fais pas matelot à nous les turbos

Mais ce petit rafiot c’est comme un Pen-Duick

Défiant marées et vents d’Armorique

Mais ce petit rafiot c’est mon kenavo

Vas-y mon matelot vogue sur les flots

EN CACHETTE

Elle boit en cachette un peu par réflexe

Elle se tue la vie question de contexte

Elle dit que non ses gestes la trahissent

Ces verres qui s’emplissent

Cette haleine chargée

Cette démarche mal assurée

Cette bouteille cachée

Ces mots brouillés triturés

Elle boit en cachette elle a pris pour perpette

Elle se ronge les sangs c’est ce qu’elle répète

Elle nie l’évidence c’est pire que navrant

Ces regards brillants

Cette rancœur prononcée

Ce pessimisme démesuré

Cette voix inconnue

Ces tremblements qui sont bus

Elle boit en cachette on dirait une quête

Elle se rogne ses sens et sa silhouette

Mornes et tristes ces chemins de galère

Ces vies surnageant dans un verre

Cet air triste et insatisfait

Ces paumes violettes

Quitte à prendre un venin qui ne mène à rien

Elle aurait peut-être mieux fait de s’envoyer des joints

À MORT LES CIVILS

Dans des temps pas si reculés

On se tuait avec élégance

Les armées dans une drôle de danse

Se décimaient sans faire de quartier

Il s’est établi avec le temps

Que la chair des militaires

Valait d’évidence bien plus chère

Que celle de tous les Sans-dent

Ref:

Tous ces civils bien ordinaires

Tous ces gens qui refusent la guerre

Ces gosses qui errent dans la rue

Ces femmes qui pleurent à peine perdue

Ils ont déplacé les conflits

Indifférents face au profit

À l’éclatement des villes

À l’écrasement des civils

Pour mille civils qu’on abat

Un ou deux meurent chez les soldats

Les guerriers n’ont plus de courage

Et se délectent de leurs carnages

Tous les grands marchands de canons

Ont fait cette constatation

Que la vie d’un homme ne vaut rien

Face à l’emploi que l’on maintient

Ils égrènent leurs armes de mort

Aucun regret aucun remord

Ainsi vont et viennent les affaires

Et qu’importe les cimetières

PLUME ILLUSOIRE

Sur un coin de carte postale

Il écrivait ses pensées boréales

Ces voyages du bout du monde

Qu’il faisait avec son âme vagabonde

Il décrivait les aurores de Bornéo

L’escadron noir des nuits de Rio

La mer déchaînée dans une brume de Java

Et le vent chantant de Copacabana

Et là, sur cette petite surface

Ce verso d’une vue de Bréhat

Il se faisait devant sa tasse

Témoin de ce qu’il ne vivait pas

Sur un pâle A4 à petits carreaux

Il décrivait sans pudeur son cogito

Cette peur qu’il avait de ne pas être libre

Ces refuges qu’il trouvait dans les livres

Il disait tout ce qu’il aurait voulu faire

Et cet autre choix d’une vie bien pépère

Alors vibrait en lui l’envie de devenir acteur

Sa peur de ne rester que spectateur

Et là, sur la page qui tirait du blanc au noir

Sous cette plume qui glissait sous ses doigts

II était comme un gardien sans phare

Tourné vers l’illusoire et un triste miroir

Sur une affiche à coller à l’angle des rues

Il criait avec rage une colère sans retenue

Appelant au combat pour enrayer la haine

Que l’amour cesse enfin de jouer l’Arlésienne

Il dénonçait l’humanité bafouée

Le bruit des bottes du traçage généralisé

Caméras et contrôle systématisés

Annonçant la fin de toute vie privée

Sur le bureau où s’endormaient ses mots

Ces feuilles noircies de ses impuissants propos

En se disant que le jour était enfin venu

Il avait lâché la plume pour courir se battre dans la rue

LE PETIT RU

As-tu vu le ru qui coule dans la rue

Dans le caniveau il descend vers l’eau

En accompagnant les pas des passants

Toujours plein d’espoir le long du trottoir

Il va vers sa mer sa mère nourricière

Qu’il va retrouver d’un air chaloupé

Et le nez au vent guidé par son chant

Il s’en va pépère toujours droit devant

Où est-il ce ru celui qu’on voit plus 

Où est-il ce ru mémoire de nos rues 

Le petit ruisseau va au fil de l’eau

Il a le cœur gros la goutte de trop

L’air déboussolé caniveaux chargés

Il se fait vomis de nos drôles de vie

Son onde polluée c’est la vie bafouée

C’en est bien fini de son paradis

Sa pureté innée c’est bien du passé

Oublié le temps ce temps bon enfant

Où est-il ce ru celui qu’on voit plus 

Où est-il ce ru déboire de nos rues 

Mais un jour viendra parce c’est comme ça

Il faudra aussi prendre soin de lui

Cesser de polluer juste enfin comprendre

Que sa propre vie c’est notre survie

Mais un jour viendra parce que c’est comme ça

Il verra encore de belles aurores

Des matins radieux où le ciel est bleu

Où on peut s’y voir comme dans un miroir

Allez petit ru la vie nous sourit

Donne-moi la main pour nos lendemains

VALSEUSES

Pédale à fond pour le maillot

Pédale à donf pour les labos

Si tes valseuses te font rideaux

C’est que t’as forcé sur le suppo

Pour s’envoyer le Tourmalet

Comme on descend un escalier

Si t’as le mollet petit braquet

Faut prendre le tout dernier cachet

Suppo Epo dodo c’est la tactique c’est la tactique

Suppo Epo dodo d’un bon tic-tac d’un bon chrono

Baballe à fond pour les couleurs

La dose du téléspectateur

Si tes neurones te libellulent

Reprends donc une ration de globules

Pour t’envoyer la Jules Rimée

Comme si c’était la pause-café

Faut que t’abandonnes les ventouses

Pour te charger à la piquouze

Suppo Epo dodo c’est la tactique c’est la tactique

Suppo Epo dodo d’une bonne savate d’un bon “péno”

Cavale à fond pour le sponsor

L’audimat des états-majors

Si t’as peur pour le pipi pas beau

Y-a la pilule pipi pas pris

Pour t’envoyer le tour de cirque

Comme on remplit un pronostic

Faut que tu gouttes à l’intraveineuse

La bonne gagneuse bien laiteuse

Suppo Epo dodo c’est la tactique c’est la tactique

Suppo Epo dodo d’un bon record pour le populo

GOUVERNER

Gouverner par et pour le peuple est un objectif que développe toute démocratie

Un système cohérent qui a fait ses preuves au long des décennies

Tant de personnes pour tant de sacrifices

Tant de structures pour autant de services

La société à l’écoute de l’individu

L’homme qui délègue à ses élus

Avec des règles et des lois précises

Pour assurer la meilleure assise

Mais l’homme reste un homme avec ses qualités et ses faiblesses

Et le pouvoir apparaît pour beaucoup comme une belle maîtresse

Dont on use et dont on abuse

Dont on profite avec les ruses

Toutes les hérésies sont bonnes tous les mystères

Pour s’imposer et s’illustrer dans les hautes sphères

C’est ainsi que quelques castes

Pourtant sans à priori néfaste

Ont spolié la terre des hommes

En glorifiant leur décorum

Si fiers et si prétentieux de leur savoir

Ils se sont bien vite fait un devoir

D’imposer à tous les autres

En se jouant les bons apôtres

Notables pour la plupart

Avocats, patrons des tours d’ivoire

Ils se veulent les représentants

De leur propre monde sans tourment

Mais ils ne connaissent rien

De ceux dont ils tracent le chemin

À n’avoir jamais eu faim

Ils croient que le monde leur appartient

À ne penser qu’il n’y a qu’eux pour juger

Ils ont oublié le monde ouvrier

À se croire aujourd’hui tout permis

Ils sont devenus plus ou moins pourris

Ils ont oublié tous leurs beaux serments

Perdus dans leurs délires arrogants

Où sont la liberté l’égalité et la fraternité

Dont ils ne cessent de nous clamer la fondamentalité

Où sont la laïcité le respect et la tolérance

Qu’ils nous présentent comme les seules chances

Pour un avenir plus solidaire

Pour un meilleur sur notre terre

À force de ne plus y croire

Ils ont cassé tous nos espoirs

Que ne se rendent-ils compte qu’ils sont la pire honte

N’y en a-t-il un seul

Pour éviter ce linceul

Enfermés dans leurs carcans méprisants

Ils ne sont qu’ombres et néant

TOUS LEUR RIMMEL

Dis-moi dis-moi pourquoi

On murmure tout bas

Que la vie ici-bas

Ne vaut pas un iota

Dis-moi dis-moi pourquoi

Dans ce bizarre canevas

On dit que sous nos pas

Tout est cahin-caha

Refrain:

T’en fais pas tu vois c’est pas compliqué

C’est tout droit là-bas y a qu’à demander

T’en fais pas tu vois la vie est si belle

Qu’on s’en fout au fond de tous leurs Rimmel

Dis-moi dis-moi aussi

Si tout n’est que sursis

Pourquoi croquer la vie

Avec autant d’envie

Dis-moi dis-moi aussi

Si tout n’est qu’utopie

Pourquoi croire à la main

Que me tend ce gamin

Dis-moi dis-moi encore

Si tout est matamore

Pourquoi ce réconfort

Au creux de ces aurores 

Dis-moi dis-moi encore

Dans ce drôle de décor

Pourquoi tant de remords

Tant de vie trompe-la-mort

Dis-moi dis-moi enfin

Si nous ne sommes rien

Pourquoi tous ces matins

Les câlins les copains

Dis-moi dis-moi enfin

Si nous ne sommes rien

Que vaut donc cet amour

Après lequel on court

À QUI LA FAUTE

Un demi-siècle

C’est le temps qu’il aura fallu pour que le ventre

Hélas fécond

Accouche de la même bête immonde

La haine montre les crocs sanguinaires et affamée

Elle réclame son dû

C’est le temps des soldats et collabos

Bras armés d’une société de saturation

D’un désir banni par l’anticipation des besoins

Deux générations

C’est le temps qu’il aura fallu pour que la mémoire

Hélas fragile

Reproduise les mêmes inavouables erreurs

La peur renaît de ses cendres

L’intolérance regagne le terrain perdu

C’est le temps du prêt à penser de la pensée unique

Du totalitarisme médiatique et financier

Où le matérialisme dénie le simple droit à être soi

Une vie

C’est le temps qu’il faut pour mesurer toute la folie

Hélas destructrice

Qui s’immisce en nous dès que la conscience fuit

L’amour oublie ce à quoi il se doit

À cette humanité qui s’oublie à une bestialité

Baignée d’obscurantisme sectaire et d’argent facile

À qui la faute à qui la cause s’il n’est plus de cœur ni de raison

JE NE SAURAIS DIRE

Je ne saurais dire

Ce qui est mal ce qui est bien

Quel est le chemin

Qu’elle est l’alchimie de la vie

Et quel doit en être le prix

Je ne saurais dire

Ce qui va mal ce qui va bien

Ce qui est tout ce qui n’est rien

Qu’elle est l’issue de nos folies

Et où se trouve notre sortie

Refrain :

Le doute balançoire à deux temps

Le pile ou face des boniments

Une pendule qui prend son temps

Une boussole sans rose des vents

Je ne pourrais dire

Pourquoi le mal pourquoi le bien

Quelle route prend le destin

Sur quelle mélodie quelle portée

Se joue le bal des âmes bien nées

Je ne pourrais dire

Où va le vent où est le ciel

Du bonheur temporel

Où est l’océan de la paix

Et les risées de ses bienfaits

Je ne saurais vivre

Sans le secret de ce jardin

Cet ailleurs et ce lointain

Cette illusion d’un partage

Quête de nouveaux rivages

Je ne saurais vivre

Ce remords du si j’avais su

Cette horreur du j’aurais pu

Quand l’ombre tombe sur les jours

Quand le compteur est sans retour

LIBERTE

Sur la trace du temps qui passe

Ta graine vole au vent au cœur de l’espace

Un souffle de vie un parfum fugace

Qui germe grandit et fait sa place

Que sur ondes fragiles ou flots endiablés

Sur chemins de traverse ou routes oubliées

Pour les emmurés et ceux qu’on assassine

Liberté la fleur naîtra par ta racine

Quand l’épée pourfend les droits et devoirs

Comment ne pas voir pour qui sonne la gloire 

Comment te chanter quand le canon tonne 

Comment te garder quand les murs isolent 

Que sur la vision des barreaux impassibles

Des tortures infligées aux peuples dociles

Au-delà des barbelés et des frontières

Liberté ta ligne d’horizon montera sur la terre 

Quand l’amour se meurt et que fanent les roses

A-t-on vu un verrou faire la part des choses 

Les mauvaises fredaines des courses à l’Odyssée

Comment t’apprivoiser pour mieux te partager 

Que dans les foyers des âmes bien nées

Des symboles épanouis où tout se construit

Sur reflets mouvants d’ombres que rien n’altère

Liberté la lumière supplantera les ténèbres

Par la corde tendue aux mains des suppliciés

Tout reste à dénouer tout reste à tisser

De la main qui désarme à la main qui se tend

Qui saura tourner la clé des tourments 

Qu’à travers les mots les portées enchantées

Les lignes brisées et les portes dérobées

Sur nos lendemains après la ruine et la faim

Liberté tu réapparaîtras au soleil d’un matin

Sur la plage du temps qui s’efface

Le sable gravera même à marée basse

Qu’importe la haine qu’importe les sangs

Reviendront les vents d’autres printemps

Pour un univers qui pour toujours ravit

Pour une pénombre à jamais enfouie

Sur la Flamboyante qui à jamais réjouit

Liberté tout se construira d’un rayon dans la nuit

LARME

La larme du gamin

Coule sur sa main

Goutte sur une vie

Déjà en sursis

Qui n’a qu’une issue 

La rue des pas perdus

La larme de l’arme

Coule sur la lame

Sang vif sur un drame

Qui se joue sans âme

Dans un décor de ruines

Ou dans un courant d’âme

La larme de la femme

Coule sur le drame

D’un terme non échu

De jours sans lumière

Quand tout est vendu

De l’amour à l’amer

La larme de l’âme

Coule sur la trame

Des sens en perdition

Sur jours de perversion

Allant du rouge au noir

Pour anéantir l’espoir

La larme de l’homme

Coule ad libitum

Quand chant du mépris

Devient agonie

Quand le mauvais sort

Signifie la mort

Refrain :

Petit ruisseau grande rivière

Petite larme grande misère

AUTRE BALLET

Le malheur dit un jour au bonheur

Pourquoi dis-moi faisons-nous si mal la paire

Assurément reprit le bonheur tout cela est clair

Sur tout l’univers tu répands l’enfer

Quand le rêve porte aux lendemains enchantés

Il est toujours question que j’y sois associé

En ce qui te concerne pas une seule fois

À aucune citation tu ne pourras avoir droit

Le malheur dit encore au bonheur

Pourquoi alors suis-je autant sur terre

Assurément lança le bonheur cela est moins clair

C’est méli-mélo sur les hémisphères

Tu pourris des fruits à qui je donne la vie

Tu sèmes le mal que de mon mieux je guéris

Il faut reconnaître que sur ce point-là

Je ne puis comprendre ce hue et à dia

Le malheur dit alors au bonheur

Qui de nous dis-moi règnera sur terre

Assurément dit le bonheur c’est encore moins clair

Du rêve à la réalité tout se perd sur terre

Mais qu’importe le temps le vent ou les guerres

Les horizons perdus aux mondes de frontières

Qu’il soit écrit à jamais que dans la moindre contrée

Il me faut t’effacer pour à jamais régner 

Le bonheur dit une nuit au malheur

Futiles mes efforts dans ce monde de guerres

C’est ainsi répondit le malheur que tourne la terre

Balançant sans fin entre mal et bien

Entre jour et nuit passé ou lendemains

Je m’en reviens toujours dans toute destinée

Comme lumières ou ténèbres le chaud et le froid

Que tu veuilles ou pas… tu n’es rien sans moi

MONSIEUR LE BARON

Monsieur le baron a chopé des morpions

À traîner trop bas tout près de nos bas-fonds

Monsieur le baron a chopé des morpions

À courir trop vite après le cotillon

Madame la marquise s’est trop laissée troussée

On en parle encore dans tous les bons « clandés »

Madame la marquise aime se trouver au port

Enfilant des nœuds dès la première aurore

Monsieur le comte a viré sa cuti

On le dit aussi du côté de Neuilly

Monsieur le comte a viré sa cuti

Cherchant le galant et tous les culs bénis

Madame la duchesse est une belle bougresse

On le chante le soir au bar des gâchettes

Madame la duchesse est une belle bougresse

Se jetant sans cesse sur toutes les braguettes

Les parties de cul et les particules

C’est histoire de dire histoire de virgules

Les parties de cul et les particules

Peu importe le nom quand on aime le fion

CANDIDAT

Faire l’amour la teuf se faire cuire un œuf

Farniente paresse et courbe des fesses

Repos corps et bien par tous les moyens

Repos du guerrier à l’ombre d’un pré

Trouver le filon se foutre du pognon

Plus de contretemps tout en contre-chant

Plus aucun carcan plus de sur-le-champ

Aller nez au vent cap super fainéant

Ref

Faire après demain ce qu’on peut faire demain

Signer pour ce turbin c’est sûr je lève la main

Faire après demain ce qu’on peut faire demain

S’il faut un candidat c’est sûr je lève le doigt

Plus de minuterie plus de sonnerie

Pieds en éventail éviter pagaille

Calme et volupté à tous les paliers

Faire du lendemain une grève sans fin

Devenir rentier quel joli métier

Chasser le turbin d’un revers de main

Force d’inertie feinte d’apoplexie

Soirées père peinard journées y faut voir

MÉRITUDE

La méritude

Le calme plat des lendemains de tempêtes

Le soleil à nouveau brille dans les têtes

Ce désert marin que l’hiver établit

Cet été citadin qui toujours resurgit

La méritude

Ce pêcheur blessé qui vit sa destinée

Coincé entre les marées et le bar d’à côté

La douleur tue de n’être plus entendu

Les filets desséchés les pleurs des chaluts

Des vies emplies de méritudes

Ce mot dérivant des latitudes

Rêver que vienne cette amplitude

Avec un vent portant vers le grand Sud

La méritude

La mer assagie dort sans aucun remords

Laissant les voiles les soucis du vieux port

Le vent vole et s’enfuit vers autres sphères

Promenant les marins vers un autre mer

La méritude

C’est le reflet des côtes une aube d’avenir

La brise qui chahute le port de l’amour

Le blues de la terre quand il nous faut partir

L’espoir de la mer au ponton du retour

C’EST LA VIE

Tu passeras à la trappe

À laquelle personne n’échappe

Tu peux toujours croiser les doigts

Nul n’échappe à son trépas

Et si tu penses par la chance

Pouvoir contrer cette échéance

On ne peut vivre sans vieillir

On ne peut vieillir sans mourir

Si tout est connu rien n’est su 

Croque la vie trompe la mort

Au gré des vies au gré des vents

C’est une banale histoire de temps

Si tout est su rien n’est connu 

Il faut gommer le noir obscur

Supprimer toutes les mesures

De toute graine toute racine

Il n’est qu’une issue une cime 

Le chemin que l’on se trace

Qui parfois nous dépasse

Celui du vent et de la vie

Celui du temps qui nous sourit

FAVELAS

Ils ne pleurent même plus

Le jour les a perdus

La nuit les a vendus

Ils errent à demis nus

Là-bas au coin de la rue

Se pointent les tire-à- vue

Qui visent leurs proies et tuent

Ces gamins inconnus

Le règne des rapaces au sein des favelas

La vie est fugace la mort si tenace

Rio Caravelas il n’est pas une place

La vie s’efface au son des maracas

Soldats de la terreur

Brigades de la mort

Escadrons du malheur

Guerriers du mauvais sort

Tant de rivières de sang

Tant de pauvres matins

Qu’il viendra bien ce temps

De lendemains de printemps

Funeste loterie

Tous ces relents nazis

Toutes ces barbaries

Tous ces meurtres gratuits

Sont à jamais maudits

Du chemin de la vie

Mais nous bien à l’abri

Nous sommes coupables aussi

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